La vie agricole

Nous, de la seconde moitié du XX siècle, connaissons mal le travail qu'exige une terre pour la rendre propre à la culture. Pourtant, il n'y a pas si longtemps, notre paroisse n'était qu'un grand boisé. Alors vous raconter l'histoire de notre agriculture, c'est vous faire revivre le passé glorieux mais parfois dramatique de nos ancêtres. C'est aussi connaître la mentalité du peuple de défricheurs qu'étaient les Québécois.

Les moins jeunes se rappellent encore très bien de l'époque des chevaux. Ils se souviennent qu'une journée de travail débutait dès le lever du soleil et ne se terminait que très tard le soir. Par contre, ils n'ont qu'un très vague souvenir du temps où leurs a¸ieuls se trouvaient dans l'impossibilité de se procurer un bon cheval de trait, soit par un manque d'argent ou tout simplement parce qu'il n'y en avait pas de disponible dans la place. En ces circonstances, le corps humain devenait le seul instrument de travail et le produit de la terre, son pain quotidien.

Regardons maintenant comment notre agriculture a évolué pendant ces trois cents ans d'histoire.

Une période de défrichement

L'agriculture prend naissance au Québec avec l'arrivée de Louis Hébert en 1617; c'est en cette terre même année que le sieur Hébert enfouit dans le sol les premiers grains de blé.

Dix-neuf ans plus tard, soit en 1636, le sieur de la Poterie se fait concéder officieusement les premières pièces de terre sur les bords de la rivière Portneuf, en vue d'y pratiquer un jour l'agriculture.

En 1647, le régime seigneurial s'installe dans Portneuf. Le sieur Jacques Le Neuf de la Poterie tente d'implanter de nouveaux colons sur les terres qui demandent une énorme somme de travail pour les rendre propres à la culture. Ainsi débute le défrichement dans la seigneurie de Portneuf et plus précisément dans l'anse du Cap-Santé. Les terres que l,on déboise appartiennent cependant au seigneur. On doit patienter jusqu'en 1684 pour voir apparaître le premier contrat de concession, en vertu duquel on accorde une terre à M. Robert Germain. Ceci permet à l'abbé Rageot-Morin, second curé du Cap-Santé, de dire à la mort de ce dernier qu'il a été le premier cultivateur de la place.

Après trois ou quatre ans de service à la seigneurie, le colon peut demander au seigneur une concession ou un bail de concession. Voici un exemple de bail de concession obtenu par M. Joseph Marcot en 1708 ( ferme Josaphat Marcotte ) du seigneur François Desjory, Escuyer.

Bail de concession

L'AN mil sept cnt huiet, Le vingt sixiesme Jour de septembre, furent présens françois Desjory Escuyer Seigneur de la seigneurie de partneuf, Capitaine dune Compagnie du destachement de la marine, dune part & Jacques Marcot habitant dudit portneuf; Entre kesquel le Marché du bail quy suit a esté fait; Cest a scavoir que moy Seigneur bailleur donne a ferme audit Marcot preneur pour une année a Commencé au douziesme mars prochain & finir au douziesme mars mil sept cent dix, les terres labourables & preries de mon manoir seigneurial dud. Portneuf; Jardin avec les bastimens, grange, maison estables & autres bastiments quy sont sur mondit manoir; a moitié de tous les grains quy seront recueuillis sur lesd. Terres labourables dont Nous fourniront touttes la semance moittié par moittié. Les grains seront semez; coupés engrangés par led. Marcot; & pour battre leursd. grains Ledit Seigneur bailleur fournira dun homme pour ayder a battre & vaner lesd, grains lesquels seront partagez Entre led. Seigneur & preneur moittié par moittié au feur & a mesure qu'ils seront battus & vanés; sera tenu & obligé led. preneur de charroyés sur les terres labourables les fumiers quy sont dans les estables & autour des bastimens, fera aussy ledit preneur tous les foins qu 'il y aura a faire sur les preries dudit manoir pour la Nourriture des bestiaux de lad. ferme & s'il y en a de Reste il poura les faire faire à moittié & en connera la preference a mes tenanciers preferabelent a dautres pour faire valloir mon manoir Moy seigneur bailleur fournist audit preneur, scavoir trois vieux bœufs deux autres de quatre ans deux autres de deux ans deux vieilles vaches … une vache Led. Preneur donnera aud. Seigneur dix livres







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